Bleuenn Puill-Stephan - le Marais Rond
Je m'appelle Bleuenn, je suis paludière, c'est à dire productrice de sel, tout récemment installée dans les marais du Mès où je remets en état progressivement une saline qui avait été abandonnée au début des années soixante-dix, comme beaucoup d'autres après la fin de la seconde guerre mondiale lorsque la disparition des salaisons domestiques et la concurrence des sels industriels ont précipité l’abandon des marais salants bretons.
De plus, dans les années 1970, l’intégrité du bassin salicole des marais salants de Guérande s’est vue menacée par des projets immobiliers et de rocade, qui n'ont pas abouti, grâce à une importante mobilisation. Aujourd'hui, l'activité dans les marais salants bat de nouveau son plein et il n'est pas toujours facile de s'installer, de trouver une saline, d'où la nécessité parfois de remettre en état des marais abandonnés.
Situés entre les estuaires de la Loire et de la Vilaine, l'océan au sud, à l'ouest et au sud-ouest, les marais de la Grande Brière à l'est, les marais salants occupent un espace de près de 2 000 hectares façonné par les hommes, les femmes et la mer depuis des siècles et répartis en deux zones : les marais salants de Guérande et les marais salants du Mès, où je travaille.



La saline est le lieu de travail du paludier & de la paludière, qui gère les niveaux d’eau dans les différents bassins pour récolter son sel. A chaque grande marée, il/elle ouvre une trappe et remplit d’eau de mer sa vasière, premier bassin d'évaporation du circuit qui sert de réserve entre deux marées. C'est aussi un bassin de décantation, où les particules en suspension, brassées par la mer, vont se déposer. Grâce à une légère dénivellation, cette eau passe ensuite dans les bassins d’évaporation : le cobier, les fares et les adernes qui servent de réserve pour alimenter les derniers bassins où s’effectue la récolte du sel : les œillets.
Avec une concentration en sel de 25 g/l, la mer pénètre dans les traicts puis remonte par un système de canaux : les étiers, jusqu’au plus profond des bassins, parfois situés à plusieurs kilomètres de l’océan. Une fois dans la vasière, le long parcours de l’eau à travers les bassins successifs va entraîner son réchauffement et son évaporation sous l’action du soleil et du vent. Dans l’œillet, l’eau atteint une concentration suffisante pour que le sel cristallise : 280 g/l !
Le sel du marais rond est un produit entièrement artisanal et naturel. Il est récolté à la main par mes soins, soir et matin, quand les conditions météorologiques sont favorables.
Pour en savoir plus : https://www.seldumaraisrond.fr/






